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Responsabilité des autorités belges durant la Shoah: Le Sénat maintient sa confiance dans le CEGES

Communiqué de presse - - 2006-05-03

Ce jeudi 4 mai, la Commission des affaires institutionnelles a approuvé le rapport intermédiaire du CEGES, maintenant à cette occasion sa confiance dans le Centre d’étude et de documentation pour la suite de ces recherches. Pour rappel, suite à la proposition de résolution de Philippe Mahoux sur l’éventuel responsabilité des autorités belges durant la Shoah, le Gouvernement avait mandaté le CEGES de lui fournir un rapport éclaircissant
Le 20 octobre dernier, le CEGES avait présenté son rapport intermédiaire sur la responsabilité des autorités belges dans la déportation et la persécution des Juifs. Ce travail, commandé par le Gouvernement, suite à la résolution du Sénateur socialiste Philippe Mahoux, a d’ores et déjà révélé de nombreux enseignements. Rudi Van Doorslaer, le directeur du Centre Guerre et Sociétés contemporaines, a rappelé néanmoins à de nombreuses reprises que si son Centre a voulu faire le point à mi-parcours, il ne fallait pas pour autant en tirer de conclusions hâtives.
Il serait en effet prématuré de faire un portrait global des éventuels coups de pouce donner à l’occupant par certains représentants de l’autorité nationale. Les quatre chercheurs du CEGES justifiaient notamment leur prudence par la difficulté d’accès aux différentes archives. Celles-ci étaient bien souvent soit amassées en vrac dans les caves des ministères sous une couche épaisse de poussière, soit avaient purement et simplement été détruites ou égarées. Le CEGES rejette à ce sujet la thèse du « secret d’Etat » dont on aurait voulu détruire les preuves, mais fustige au contraire la non gestion des archives. Rudi Van Doorslaer pointe notamment du doigt l’état « catastrophique » des archives des commissariats, victimes des déménagements à répétition, notamment lors de la récente fusion des services de police.

Malgré ces contretemps, l’équipe de chercheurs a pu nous faire part de ses premières observations. Certaines administrations auraient ainsi fait preuve d’excès de zèle. Il apparaît par exemple que lorsque l’occupant ordonna l’exclusion des fonctionnaires juifs, le Ministère de l’Intérieur demanda à tous les postulateurs de prouver qu’ils n’étaient pas juifs. Le rapport montre également que si les autorités belges ont dénoncé la persécution des Juifs par les nazis (à l’instar de bien d’autres pays alliés), elles ne prirent guère d’initiatives pour la combattre. Pire, au début de la guerre, il semblerait même que le gouvernement belge participa directement à la déportation des Juifs étrangers dans les camps d’internement français.

Bref, ce rapport intermédiaire ouvre d’ores et déjà de nouvelles pistes de réflexion éminemment importantes, auxquelles le rapport final apportera de nouveaux éléments d’information encore plus intéressants ; les archives royales n’ayant pas encore été consultées.

 

 

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