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Elevage industriel à Borsu: Philippe Mahoux est contre

Carole Gotfroi - Vers l'Avenir - 2006-11-23

Un projet d'élevage intensif fait du bruit à Gesves. Demain soir,le collège doit rendre un avis avant de transmettre le dossier à la Région Wallonne.

Y AURA-t-il bientôt un poulailler et deux porcheries d'élevage intensif à Gesves , dans le hameau de Borsu ? Impossible de répondre. Jean-François Debarsy a introduit une demande de permis unique pour construire trois hangars. Ceux-ci accueilleraient 39600 volailles et 1982 porcs. L'agriculteur attend une réponse dans les prochaines semaines mais apparemment, la commission communale de l'aménagement du territoire aurait rendu un avis négatif.

Quant à l'enquête publique, elle s'est clôturée hier à midi. Au total, vingt-six réclamations ont été déposées. Leur teneur ? " Nous n'avons pas encore analysé toutes les réclamations mais je présume qu'elles concernent surtout les odeurs, les nuisances paysagères ou encore les remarques relatives à l'élevage intensif ", explique Philippe Mahoux, le bourgmestre de Gesves (jusqu'au 4 décembre prochain) et sénateur. Le socialiste a voulu informer du projet tous les habitants de Gesves. Légalement, seul certains voisins doivent être tenus au courant d'un projet de ce type.

Le futur ex-bourgmestre ne s'en cache pas. Sur le plan personnel, il est contre ce projet. Mais en tant qu'homme politique, il suivra la décision de ses collègues. " Je ne comprends pas pourquoi on poursuit l'élevage intensif. Les épidémies des dernières années (dioxine notamment) nous ont prouvé que la promiscuité des animaux n'apportait rien de bon. Et pourtant, on continue à développer ce type de projet. Vient également la question du lisier. Il y a des citernes mais il faut étendre le lisier lorsque celles-ci sont pleines. Et en terme d'emplois, il n'y a aucune retombée dans la région. Bien sûr, l'agriculteur souhaite se diversifier mais j'estime que l'on n'a pas besoin de ce type de diversification ", explique Philippe Mahoux.

Évidemment, Jean-François Debarsy ne tient pas le même discours. Avec son père, il possède une ferme et exploite 280 hectares. Aucune bête, seulement des cultures. Également entrepreneur agricole, il souhaite travailler davantage chez lui. " Sincèrement, je pensais qu'il n'y aurait pas de problèmes. L'habitation la plus proche, une ferme, est située à 1200 mètres des futurs hangars. Et je suis tout seul dans ce coin ", explique l'agriculteur.

Clarifier la filière L'installation d'un élevage intensif de volailles ou de porcs fait toujours beaucoup de remue-ménage. Contrairement aux projets de type bovin. Pour Philippe Mahoux, tout est une question de filière. " Dans le secteur bovin, on sait d'où provient la nourriture des animaux, où ils seront abattus, quelle chaîne suivra la viande, etc. Tout semble flou dans le cas des volailles et des porcs ". Jean-François Debarsy insiste : pour ces porcs, il travaillera avec un abattoir wallon. Mais rien n'est encore décidé concernant la volaille.

En créant son projet, l'agriculteur Gesvois savait-il qu'il prenait quelques largesses avec le plan communal d'aménagement qui interdit une exploitation supérieure à 500 porcs ? " J'en suis conscient. Mais personne ne travaille avec 500 porcs. Ce n'est pas rentable. J'ai donc pris le risque ", affirme-t-il, amer. C'est en effet par la télévision qu'il a eu connaissance de l'avis négatif rendu par la commission communale d'aménagement du territoire.

Le projet déroge au règlement

Avant d'obtenir une décision concernant sa demande de permis unique, Jean-François Debarsy devra encore patienter plusieurs semaines. Vendredi soir, le collège remettra un avis sur le projet et prendra également connaissance de l'avis de la commission communale d'aménagement du territoire (CCAT). Dans la commune de Gesves, certaines procédures sont bien réglées et on ne peut pas construire n'importe quoi et n'importe où. Selon le règlement communal d'urbanisme, Jean-François Debarsy peut étendre son exploitation. Mais, toujours selon le même règlement, il ne peut pas exploiter plus de 500 porcs. Or, il dépasse largement ce chiffre (1982 porcs). Dans ce cas, le dossier doit être transmis à la Région Wallonne et celle-ci devra rendre un avis dans les 70 jours à dater du 31 octobre.

Et normalement, il ne devrait y avoir d'études d'incidence, ce que regrette Philippe Mahoux, le bourgmestre de Gesves. À moins qu'une décision européenne ne vienne changer la donne.

" Je ne me prononce pas sur la future décision du collège. On ne peut pas interdire à quelqu'un de gagner sa vie. Mais il doit évidemment respecter certaines règles. Nous habitons dans un écrin de verdure et nous souhaitons aussi maintenir notre qualité de vie ", explique André Bernard, échevin de l'urbanisme.



Carole GOTFROI


 

 

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