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Philippe MAHOUX dans l'arène de GAIA

Pascale Serret - Vers l'Avenir - 2007-05-21

Vers l'Avenir - toutes éditions, 21/05/2007, page 3: Les politiques dans l'arène de Gaia

Les hommes et les femmes politiques en campagne doivent être prêts à tout. Y compris à se prononcer sur la castration à vif des porcelets. Gaia y veille.

C'EST " le premier débat public sur les animaux en politique ", affirment les organisateurs. Ça se passe à Bruxelles, un dimanche à l'heure du brunch. Le Groupe d'action dans l'intérêt des animaux (Gaia) a invité des représentants des principaux partis francophones et néerlandophones, pour vérifier ce qu'ils ont dans leur cabas : quelle est la place du bien-être animal dans les programmes électoraux ? Ils sont dix autour de Michel Vandenbosch, président de Gaia.

Devant un parterre d'associations actives dans la protection animale, les mandataires politiques vont essentiellement se concentrer sur la castration à vif des porcelets et sur les abattages rituels. Faute de temps. Pas facile, les débats à dix...

Une prime anti-cruauté ? Il s'en est trouvé un pour gaffer immédiatement : c'est le CD & V Mark Verhaegen. Après avoir vu, en introduction au débat, l'intense documentaire américain Earthlings sur les violences infligées aux animaux, le mandataire s'est dit content de vivre en Belgique, " où ces conditions extrêmes sont inexistantes ". Frémissement d'indignation dans la salle. Gaia, qui a mené campagne fin 2006 pour mettre fin à la castration à vif des porcelets, rappelle que chaque année, en Belgique, " plus de cinq millions de porcelets sont castrés à vif, dans une douleur indescriptible, à l'aide d'une pince ou d'un couteau, par l'éleveur lui-même ". On castre les porcelets pour éliminer l'odeur de verrat et pour la prise de poids de l'animal. À vif, parce que c'est moins cher.

George Dallemagne (cdH) rappelle que, dans son parti, on s'est déjà clairement engagé sur le sujet : le ministre wallon Benoît Lutgen (Agriculture) a affirmé qu'une solution rapide devait être trouvée pour privilégier, dans un premier temps, l'anesthésie locale et l'administration d'antidouleurs. Mais la matière est fédérale et dépend du ministre de la Santé Rudy Demotte (PS).

C'est Philippe Mahoux, sénateur sortant et 3e sur la liste du PS au Sénat, qui parlera pour le parti du ministre fédéral. Il va s'inspirer d'une déclaration de sa consoeur sp.a Magda de Meyer : " En Flandre, il y a plus de porcs que de Flamands ". Puisque c'est elle qui le dit, Mahoux embraie avec le communautaire. " La Flandre fait de l'élevage intensif de porcs mais tente de refiler son lisier en Wallonie, où il y a de l'espace ". Par ailleurs, en 2002, une convention passée avec les éleveurs prévoyait que la castration à vif ne serait plus d'actualité en 2006. On est en 2007, et rien n'a changé. " Il faut trouver une solution. Mais gare aux méthodes alternatives comme la castration hormonale ", souligne Mahoux.

Geert Lambert, président de Spirit, rappelle qu'une compensation d'1€ par porcelet pourrait être versée aux éleveurs s'ils procèdent à la castration douce, sous anesthésie. Colère de Mahoux : " On donnerait une prime, et au total beaucoup d'argent, simplement parce qu'on n'est pas cruel avec les animaux ? Je n'ai jamais vu ça ! " Caressé dans le sens du poil, le public applaudit.

Quant aux abattages rituels (juifs et musulmans), il s'agit d'imposer que l'animal soit étourdi avant d'être égorgé, comme l'indique une directive européenne. Il y a un hic : le Conseil d'État s'est retranché derrière la liberté de religion. " On ne peut pas s'abriter derrière l'avis du Conseil d'État. On doit trouver un arrangement, même technique, pour concilier liberté de religion et bien-être animal ", déclare Philippe Mahoux. Jusqu'à présent, le Sénat a fait chou blanc.


Pascale SERRET

 

 

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